: APOTHICOM

Définition

Dictionnaire des drogues et dépendances,Larousse, 2004.

Kit commercialisé ou distribué gratuitement notamment en pharmacie ou dans certaines associations et lieux d’accueil spécialisés, et destiné à limiter les risques de transmission de pathologies infectieuses chez les usagers de drogues par voie injectable.

La première génération de kits de prévention (Steribox) fut conçue par un médecin français, Elliot Imbert, en 1991, et expérimentée à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) : elle était à l’époque appelée « la petite boîte de la mairie ». Elle fut progressivement diffusée à l’échelle nationale entre 1992 et 1994, année de sa commercialisation en pharmacie, au prix de 5 francs. Chaque trousse contenait deux seringues de 1ml, deux ampoules d’eau pour préparation injectable (stérile), deux tampons imbibés d’alcool, un préservatif ainsi qu’une notice d’utilisation. On y trouvait également une boîte en carton destinée à contenir la seringue usagée.

Une deuxième génération (Steribox2) a été commercialisée en décembre 1999, à la suite d’une enquête menée par l’association Apothicom ayant montré que le partage de la cuillère destinée à préparer le mélange comme celui du filtre était à l’origine de risques d’infection microbienne supplémentaires non couverts par la première génération de kits. C’est pour cette raison que le dispositif a été enrichi par deux exemplaires d’un système spécifique (Stericup) constitué par un petit récipient stérile à usage unique, en aluminium, se substituant à la cuillère, un filtre en coton et un tampon sec stérile destiné à prévenir l’utilisation du pouce nu pour assurer l’hémostase locale après injection. Ce kit est vendu à l’usager au prix de 1 euro.

Une troisième génération de kits intègre un système filtrant totalement novateur, qui s’adapte directement sur les seringues (système Sterifilt).

Les trousses de prévention ont été conçues et proposées dans le cadre général de la politique de réduction des risques : l’emballage des Steribox comporte donc des messages généraux de prévention. Elles permettent de réduire de façon très significative les dommages associés à la pratique intraveineuse (transmission du VIH, des hépatites virales, d’infections diverses, etc.). Ce dispositif joue un rôle de santé publique important. Pourtant la vente libre des kits aux personnes majeures dans les pharmacies ou leur mise à disposition dans les distributeurs (Distribox, Totem) sur la voie publique (jetons distribués par les pharmaciens) ne furent pas consensuelles à l’origine, contrairement à leur distribution par les associations agréées en contact avec les personnes usagers de drogues.

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    • Un client difficile pour le pharmacien : l’usager de drogue
    • Le pharmacien est confronté chaque jour à des clients qu’il sait usagers de drogue : demande de produits codéinés, d’antalgiques, d’anxiolytiques, présentation de fausses ordonnances...
    • Le pharmacien est en première ligne des conséquences de ce phénomène de société grandissant qu’est la polytoxicomanie. Le plus souvent il connaît cette clientèle et il sait la reconnaître.
    • La relation avec l’usager de drogue n’est pas toujours facile : elle complique parfois la gestion de l’espace-pharmacie et sa fréquentation. Il s’agit là d’une relation commerciale peu ordinaire ; mais cette relation passe obligatoirement par le pharmacien : à juste titre, en effet, c’est lui et lui seul qui peut assurer cette mission de délivrance de produits pharmaceutiques.
    • Les pratiques à risque des usagers de drogue par voie intraveineuse
    • Avec la vente des seringues aux usagers de drogue, le rôle du pharmacien est déterminant dans la prévention de la propagation de l’épidémie du Sida.
    • En effet, les pratiques intraveineuses des usagers de drogue comportent des risques multiples de contamination par le VIH : si la seringue est devenue un objet plus accessible et plus personnel depuis sa vente libre en 1987, le prêt et l’emprunt de seringues n’ont pas disparu ; une seringue est réutilisée en moyenne 5 fois, sa désinfection est rare, alors que les virus peuvent rester vivants une semaine dans l’aiguille d’une seringue à insuline ; le risque estimé de contamination par une seringue souillée entre usager de drogue est bien supérieur au risque de contamination entre partenaires sexuels ; le liquide de dilution de la drogue, le filtre, le récipient destiné à la dilution avant l’injection, le récipient destiné au rinçage après l’injection sont fréquemment partagés à plusieurs.
    • De sorte qu’aujourd’hui entre 15 et 20% des clients utilisateurs de drogue par voie intraveineuse sont porteurs du virus VIH, et plus de 60% sont porteurs des virus des hépatites B et C. Depuis le début de l’épidémie plus de 40 000 usagers de drogue ont été touchés en France par le virus du Sida. Sans compter leurs partenaires sexuels, souvent contaminé(e)s sans le savoir, et les enfants séropositifs de mère usager de drogue.
    • Les usagers de drogue ont une vie sexuelle active pour 80% d’entre eux ; que ce soit par un rapport sexuel non protégé ou par la seringue souillée, le risque pour un usager de drogue et son partenaire sexuel d’être contaminé par le virus du Sida est 2000 fois supérieur à celui de la population générale, alors que l’utilisation du préservatif est comparable dans les deux groupes.
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